
Au large de Kalmar, dans les eaux froides de la mer Baltique, une épave du XVIe siècle mise au jour fortuitement par la marine suédoise en 2025 livre des informations archéologiques inédites sur la navigation à la Renaissance, surpassant en ancienneté le mythique Vasa. Photo : © Unsplashed / Göran Erlandsson
Lors d’un exercice en mer Baltique fin 2025, la marine suédoise a localisé une épave inconnue jusqu’alors. Ce mystérieux navire, construit dans les années 1500, serait plus ancien que le Vasa, célèbre galion naufragé du XVIIe siècle.
Le Vasa pourrait-il être détrôné ? Le 27 avril 2026, les autorités suédoises ont annoncé la découverte d’une nouvelle épave au sud du détroit de Kalmar, au sud-est du pays. Au cours d’une opération de routine durant l’automne 2025, le navire de sauvetage sous-marin HMS Belos a repéré une anomalie sur ses instruments. Elle correspondait à un bateau enfoui à 20 m de profondeur sous les sables de cette région stratégique de la Suède. Le vaisseau, qui n’a pas encore été identifié, a fait l’objet d’une analyse dendrochronologique afin d’être daté. Les premiers résultats de l’étude révèlent qu’il aurait été construit à la fin du XVIe siècle, avant le mythique Vasa, qui sombra dans la baie de Stockholm en 1628.
Le détroit de Kalmar, théâtre d’une découverte inattendue
L’épave a été mise au jour au large de la Suède, dans le détroit de Kalmar qui sépare la partie sud-est du pays de l’île d’Öland. Cette découverte, totalement fortuite, revient à la marine suédoise, qui effectuait des exercices militaires à bord du HMS Belos fin 2025. Signalé à l’administration locale, le site a rapidement fait l’objet d’un plan de préservation et de protection mené de concert avec le musée du comté de Kalmar.
Vue de la ville de Kalmar en Suède. Photo: © chemistkane
Grâce à ses eaux saumâtres froides et pauvres en oxygène, la mer Baltique offre des conditions de conservation optimales pour le bois. Elle abriterait près de 100 000 bateaux échoués ! L’épave de Kalmar porte toutefois les stigmates de cinq siècles d’immersion… Selon Daniel Tedenlind, conservateur au conseil régional du comté, « les parties visibles au-dessus de la coque d’origine sont constituées d’un grand nombre de membrures très rapprochées, mais dans la plupart des cas fortement dégradées ».
Photo: © Forces armées suédoises
Les premiers éléments recueillis sur le site fournissent pourtant des informations archéologiques uniques sur la navigation suédoise à l’époque de la Renaissance. Les chercheurs ne connaissent en effet que très peu de navires du XVIe siècle, et en ce sens, cette épave revêt une importante valeur culturelle et historique.
Une épave plus ancienne que le célèbre Vasa
Si l’origine du bateau reste encore inconnue, sa datation a pu être établie avec précision grâce à une analyse dendrochronologique. Cette technique scientifique, qui repose sur une étude des cernes du bois, a permis aux archéologues de déterminer l’époque de sa construction. L’épave de Kalmar aurait été assemblée à la fin du XVIe siècle, environ 30 ans avant le Vasa, célèbre navire de guerre édifié en l’honneur du roi Gustave II Adolphe de Suède de 1626 à 1628.
Vue du château arrière du Vasa au Musée Vasa. ©Anneli Karlsson, Musée Vasa/SMTM
Le vaisseau découvert en 2025 présentait toutefois des dimensions beaucoup moins impressionnantes que ce fameux trois-mâts. Échoué à 20 m de profondeur dans les eaux de la mer Baltique, il mesure 20 m de long et 6 m de large, contre 69 m de long et 11,7 m de large pour le Vasa.
Un site placé sous haute surveillance jusqu’à la fin de l’enquête
Les données recueillies par les plongeurs de la marine sont en cours d’analyse par les chercheurs. Un plan de conservation a aussi été mis en place afin de préserver l’épave. Sofia Löveborn, responsable de la communication de la première escadrille sous-marine suédoise, souligne la valeur de ces exercices pour les marins du HMS Belos : « Ils permettent à plusieurs membres de l’équipage de s’entraîner à l’utilisation de différents types de ressources, comme les sonars, les véhicules télécommandés et les plongeurs. » Qu’il s’agisse d’une ancienne épave ou d’un sous-marin en détresse, les méthodes déployées restent les mêmes que lors d’une véritable intervention.
Inscrit au registre du patrimoine culturel de l’Office national des monuments historiques, le navire fait actuellement l’objet de mesures de protection spéciales. Une décision législative interdit de jeter l’ancre, de pêcher et de plonger sur le site jusqu’à nouvel ordre. Les travaux et les résultats demeurent strictement confidentiels, et aucune photo ni vidéo de l’épave ne sera diffusée avant la fin des investigations. L’identité du navire, son histoire et les circonstances de son naufrage restent pour l’heure enveloppées de mystère.