Des scientifiques viennent de mettre au jour les plus anciennes traces chimiques de boissons alcooliques fermentées découvertes en Pologne. Il s’agit de traces de "bière" anciennes découvertes dans des récipients vieux de 4 500 ans.
Plusieurs études ont déjà prouvé que la fabrication d’alcool ne date pas d’hier. Un morceau de cire d’abeille enveloppé dans des végétaux et ficelé, découvert en 2012 dans la grotte de Border en Afrique du Sud, suggère que les premiers chasseurs-cueilleurs fabriquaient peut-être déjà un type d’alcool à base de miel il y a 40 000 ans. Mais une étude publiée en août 2025 dans la revue Archeometry révèle la découverte de traces de "bière" dans des récipients vieux de 4 500 ans.
Ces travaux menés par des scientifiques des universités de Varsovie et de Lodz font état des "plus anciennes traces chimiques de boissons alcoolisées fermentées dans le nord-est de la Pologne", précise le site Science in Poland.
Des traces de boissons alcoolisées retrouvées sur des fragments de récipients en céramique
Ces traces de boissons alcoolisées fermentées ont été retrouvées sur des fragments de 13 récipients en céramique qui provenaient des sites archéologiques de la ville de Supraśl et du village de Skrzeszew, au nord-est du pays. Les scientifiques ont effectué des prélèvements sur ces fragments de céramiques qui étaient issus de récipients de taille et de formes différentes.
"L’identification chimique des résidus de boissons alcoolisées sur les céramiques préhistoriques est complexe, car les composés organiques caractéristiques de ces boissons sont généralement de petites molécules facilement dégradables", rappellent les auteurs de l’étude. Pour identifier ces traces de "bière", les scientifiques ont d’abord réduit les échantillons des fragments en poudre puis ont procédé à diverses analyses afin de détecter la présence de résidus organiques.
Ils ont notamment calculé les rapports d'acides gras: l'identification des aliments d'origine végétale et animale était basée sur les critères de la méthode du chercheur J.W. Eerkens (2005). Cela leur a permis d’identifier des composés organiques d’origine animale et végétale préservés dans la céramique, notamment l’acide lactique, l’acide acétique et l’acide azélaïque, naturellement présents dans le blé et l’orge. La fermentation a été mise en évidence par la détection de traces de bactéries et de levures.
Ce que cette découverte indique sur l’histoire de cette région polonaise
Cette découverte de traces de boissons alcoolisées fermentées à base de blé et d’orge est particulièrement importante pour les chercheurs qui rappellent que les plus anciennes traces connues de culture de céréales dans la région remontent à la fin de l’âge de bronze. Les archéologues supposent alors qu’un commerce d’importation de matières premières pour la production d’alcool avait été mis en place.
"Cela indique l'existence d'un réseau de contacts et d'échanges, ce qui est également confirmé par des sources provenant d'autres sites de la région", rapportent les auteurs de l'article. Selon eux, ces boissons alcoolisées étaient consommées dans le cadre des rituels funéraires et sociaux.