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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

20/03/2026 15:08 438
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Longtemps réduite à une simple odeur de poussière et d’âge, l’empreinte olfactive des momies égyptiennes révèle aujourd’hui des indices très précis sur l’art de l’embaumement.

 

Les momies égyptiennes continuent de parler, mais autrement. Une étude dirigée par l’Université de Bristol montre que l’odeur qui entoure certains restes momifiés ne provient pas seulement du temps qui passe ou de la décomposition. Elle conserve aussi la trace chimique des substances utilisées pour embaumer les morts, comme des huiles, des résines, de la cire d’abeille ou du bitume.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs n’ont pas dissous de grands fragments de matière ni altéré les restes. Ils ont analysé l’air présent autour de très petits échantillons, parfois de la taille d’un grain de poivre, afin d’y repérer des composés organiques volatils, ces molécules qui s’échappent dans l’air et participent à une odeur. Cette méthode est précieuse, car elle permet de travailler sur des objets funéraires extrêmement fragiles sans les dégrader.

Une odeur qui raconte la recette des embaumeurs

L’étude, publiée dans le Journal of Archaeological Science, a porté sur 35 échantillons de baumes et de bandelettes provenant de 19 momies couvrant plus de 2 000 ans d’histoire égyptienne, entre 3200 avant notre ère et 395 après J.-C. Les chercheurs y ont identifié 81 composés volatils distincts. Pris isolément, ces signaux chimiques sont minuscules. Ensemble, ils dessinent un véritable portrait des ingrédients employés au moment de l’embaumement.

Les profils chimiques repérés correspondent à plusieurs grandes familles de substances. Les graisses et les huiles laissent certaines signatures aromatiques, la cire d’abeille en produit d’autres, les résines végétales encore d’autres, tandis que le bitume se reconnaît par des marqueurs spécifiques. Ce qui frappe surtout, c’est l’évolution dans le temps : les momies les plus anciennes montrent des mélanges plus simples, quand les plus tardives révèlent des préparations plus complexes, faisant intervenir des ingrédients plus coûteux et plus spécialisés.

Ce que les senteurs disent de l’Égypte ancienne

L’intérêt de cette recherche ne s’arrête pas à la liste des produits utilisés. Les scientifiques ont aussi observé que les signatures chimiques variaient selon la partie du corps étudiée. Les échantillons prélevés autour de la tête ne présentaient pas toujours le même profil que ceux associés au torse. Cela suggère que les embaumeurs n’appliquaient pas une formule unique, mais adaptaient peut-être leurs recettes selon les zones du corps, avec des objectifs de conservation différents.

Au fond, cette étude montre qu’une momie n’est pas seulement un corps conservé : c’est aussi un assemblage de gestes techniques, de choix matériels, de savoir-faire et d’échanges commerciaux. Car certaines résines ou certains composants n’étaient pas forcément locaux et impliquaient des circuits d’approvisionnement plus larges. En analysant une odeur, les chercheurs retrouvent donc à la fois une pratique funéraire, une hiérarchie de matériaux et une histoire de l’Égypte ancienne plus concrète, plus fine, presque au ras des bandelettes.

https://www.geo.fr/

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