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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

10/03/2026 12:37 505
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Une tombe zapotèque datant de 600 apr. J.-C. a été découverte à San Pablo Huitzo, dans l'État d'Oaxaca au Mexique. Ornée de sculptures, hiéroglyphes et fresques polychromes exceptionnellement conservés, elle constitue la découverte archéologique la plus importante de la décennie dans le pays. Photo : © Luis Gerardo Peña Torres, INAH

Grâce à un signalement de pillage constaté sur un site antique du Mexique, des archéologues ont mis au jour une tombe zapotèque vieille de 1400 ans. Cette sépulture, extrêmement bien conservée, est ornée de motifs saisissants: un hibou monumental, une frise calendaire ainsi qu’une magnifique peinture murale colorée.

Dans un communiqué publié le 23 janvier 2026, l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH) a annoncé la découverte d’une tombe zapotèque monumentale à San Pablo Huitzo (État d’Oaxaca). Ce tombeau précolombien, daté de 600 après J.-C., se distingue par sa richesse architecturale et picturale. Il est en effet orné de saisissantes représentations symboliques associées à la mort et au pouvoir, mais aussi de hiéroglyphes calendaires et d’une délicate fresque colorée. Pour la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum Pardo, il s’agit de la découverte archéologique la plus importante de la décennie dans le pays.

Une tombe zapotèque découverte par hasard à San Pablo Huitzo

En 2025, les autorités mexicaines reçoivent un signalement de pillage sur le site de San Pablo Huitzo, dans l’État d’Oaxaca. Une fois sur place, les experts ont la surprise de trouver une tombe précolombienne très bien conservée. Cette découverte inattendue retient l’attention du ministère de la Culture et des fouilles sont lancées en coopération avec les chercheurs de l’INAH.
 
 

La tombe découverte San Pablo Huitzo (Mexique) présente une excellent état de conservation. Photo : © Luis Gerardo Peña Torres, INAH

La tombe, datée d’environ 600 après J.-C., est rapidement associée à la culture zapotèque. Les Zapotèques, aussi connus sous le nom de « Peuple des nuages », étaient une civilisation précolombienne puissante qui prospéra dans la vallée d’Oaxaca de 500 avant J.-C. jusqu’à la conquête espagnole (XVIe siècle). Leur capitale fut Monte Albán, puis Mitla. Fait intéressant : les descendants de cette population autochtone vivent encore dans cette région du sud du Mexique.

 

Les figures d’un homme et d’une femme, ornés de coiffes et tenant des objets dans leurs mains (peut-être les gardiens du lieu) sont sculptées sur les montants de la tombe de San Pablo Huitzo, Mexique. Photo : © Luis Gerardo Peña Torres, INAH

Lors de sa conférence de presse du 23 janvier 2026, la présidente Claudia Sheinbaum Pardo n’a pu cacher son enthousiasme face à cette trouvaille exceptionnelle. Elle a déclaré qu’il s’agissait de « la découverte archéologique la plus importante de la dernière décennie au Mexique, par son état de conservation et les informations qu’elle apporte ». La tombe de Huitzo comporte en effet une antichambre et une chambre funéraire décorées de sculptures finement ciselées et d’éléments peints d’une grande rareté.

Un hibou et des gardiens sculptés de la tombe

À l’entrée du tombeau, les archéologues de l’INAH ont découvert un magnifique hibou sculpté, dont le bec recouvre le visage peint d’un homme de haut rang. Le culte des ancêtres constitue l’un des piliers de la religion zapotèque. Cette représentation pourrait être le portrait de l’ancêtre inhumé dans cette sépulture et auquel les descendants rendaient hommage afin qu’il intercède en leur faveur auprès des dieux. Cette hypothèse est appuyée par la symbolique même du hibou dans l’imaginaire zapotèque. Cet oiseau était en effet associé à la nuit, à la mort et au pouvoir. L’iconographie de ce tombeau indique aussi une vocation allant au-delà du caractère purement fonctionnel. Il permettait aux vivants de communiquer de façon sacrée avec leur ancêtre, tout en rappelant aux visiteurs le prestigieux statut du défunt.
 
 

Dans la mythologie zapotèque, la chouette symbolise la nuit et la mort. Elle apparaît sur la porte de la tombe mise à jour à  San Pablo Huitzo, Mexique. Photo : © Luis Gerardo Peña Torres, INAH

La porte de la tombe est également flanquée de deux montants ornés de figures féminines et masculines. Les personnages portent des coiffes élaborées et empoignent un mystérieux objet. D’après les chercheurs, il s’agirait de gardiens protégeant la sépulture.

Fresques, hiéroglyphes et peintures murales : un décor d’une grande richesse

Les archéologues mexicains ont ensuite eu la surprise de découvrir une seconde porte richement décorée qui donnait sur la chambre funéraire. Son linteau est surmonté d’une frise composée de dalles de pierres gravées de « noms calendaires ». Ces hiéroglyphes zapotèques faisaient référence à un système complexe où divinités et individus de haut rang recevaient un symbole spécifique associé à leur jour de naissance. De part et d’autre de cette ouverture, deux nouveaux personnages féminins et masculins se trouvent aussi figurés.
 
 

Détail du décor sculpté de la tombe mise à jour à  San Pablo Huitzo, Mexique. Photo : © Luis Gerardo Peña Torres, INAH

Une magnifique fresque précolombienne a enfin été mise au jour dans la chambre funéraire. Les parois de cette pièce sacrée étaient ornées de délicates peintures murales de couleur ocre, blanc, vert, bleu et rouge. Cette œuvre représentait une procession de personnages portant des sacs de copal (résine employée comme encens en contexte rituel) et se dirigeant vers l’entrée de la tombe.

 

Le linteau sculpté d’une chouette à l’entrée de la tombe mise à jour à  San Pablo Huitzo, Mexique. Photo : © Luis Gerardo Peña Torres, INAH

Pour Claudia Curiel de Icaza, secrétaire à la Culture, « Il s’agit d’une découverte exceptionnelle en raison de son état de conservation et de ce qu’elle révèle sur la culture zapotèque : son organisation sociale, ses rituels funéraires et sa cosmogonie, préservés dans l’architecture et la peinture murale. Une illustration saisissante de la grandeur millénaire du Mexique, qui fait aujourd’hui l’objet de recherches afin d’être protégée et partagée avec la société ».


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