
Des archéologues égyptiens ont découvert dans le désert du Sinaï l'abri-sous-roche d'Umm Arak, un site exceptionnel orné de peintures rupestres remontant à 10 000 ans avant J.-C., véritable « musée naturel à ciel ouvert » témoignant des pratiques artistiques de la préhistoire à l'époque islamique. Photo : ©Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités
Lors d’une campagne de prospection dans le désert du Sinaï, des archéologues égyptiens ont mis au jour un site jusqu’alors inconnu. Cet abri sous roche est orné d’inscriptions et de peintures rupestres, dont les plus anciennes remonteraient à 10 000 avant J.-C.
Dans un communiqué publié le 12 février 2026, le ministère du Tourisme et des Antiquités a annoncé une découverte majeure dans le désert du Sinaï en Égypte. Une équipe de chercheurs prospectant sur le plateau d’Umm Arak a repéré un site d’art rupestre encore inédit. Grâce aux renseignements d’un habitant de la région, le Cheikh Rabie Barakat, les égyptologues ont identifié un abri-sous-roche de 100 mètres de long, entièrement décoré d’inscriptions et de peintures rupestres. Ces œuvres, qui s’échelonnent sur une période de 10 000 ans, représentent des scènes de chasse, des individus armés à cheval ainsi que d’énigmatiques motifs géométriques. Leur présence témoigne de la richesse culturelle du Sinaï, et éclaire l’évolution artistique et symbolique humaine propre à ce territoire, de la préhistoire jusqu’à l’époque islamique.
Un site rupestre égyptien préhistorique
La découverte du site rupestre d’Umm Arak s’inscrit dans le cadre de travaux de prospection et de documentation menés dans le Sinaï par une équipe d’archéologues égyptiens. Guidés par le Cheikh Rabie Barakat de la localité voisine de Sérabit el-Khadim, les chercheurs ont eu la chance de mettre au jour un abri-sous-roche naturel d’une valeur historique et artistique exceptionnelle. Cette vaste cavité est ornée de gravures rupestres extrêmement bien conservées, et ses dimensions sont impressionnantes ! Elle s’étend sur plus de 100 mètres de long sur 2 à 3 mètres de large, et présente une hauteur de plafond allant jusqu’à 1,5 mètre.
C’est dans le paysage aride du désert du Sinaï qu’une équipe d’archéologues égyptiens, guidée par le Cheikh Rabie Barakat, a découvert l’abri-sous-roche d’Umm Arak et ses gravures rupestres exceptionnelles datant de plus de 10 000 ans. Photo : ©Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités
Hisham El
Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, explique
qu’« Umm Arak figure parmi les plus importants sites d’art rupestre
récemment découverts ». Il souligne également que la diversité
chronologique et technique des œuvres décorant ses parois en fait un véritable
« musée naturel à ciel ouvert ». Ces gravures documentent en
effet les pratiques artistiques et symboliques des habitants du Sinaï, de la
préhistoire à l’époque islamique en passant par l’Antiquité.
Photo : ©Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités
Un véritable musée à ciel ouvert
D’après les premières analyses stylistiques, les plus anciennes peintures rupestres d’Umm Arak remonteraient à une période comprise entre 10 000 et 5500 avant J.-C. Elles reproduisent différents tableaux de la vie quotidienne, comme une scène de chasse figurant un personnage muni d’un arc et accompagné de deux chiens. Le plafond de cet abri-sous-roche est orné de nombreux graffitis peints à l’encre rouge, représentant des animaux ainsi que divers motifs géométriques (carrés, ovales, croix, croissants).
Détail du décor sur les parois de l’abri-sous-roche d’Umm Arak. Ces œuvres, d’une remarquable diversité chronologique et technique, documentent les pratiques artistiques des habitants du Sinaï de la préhistoire à l’époque islamique. Photo: ©Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités
On retrouve également des scènes plus récentes dépeignant des cavaliers armés et des inscriptions datant de la fin de l’Antiquité et du Moyen Âge (entre 500 et 1500 après J.-C.). Certaines d’entre elles, en langue nabatéenne, confirment la présence de ce célèbre peuple de caravaniers du sud de la Jordanie dans le désert du Sinaï.
Photo: ©Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités
Photo: ©Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités
Une halte stratégique dans le Sinaï
Utilisé durant des milliers d’années, le site d’Umm Arak est un lieu qui se distingue par sa remarquable richesse artistique et sa grande diversité culturelle. Il jouissait d’une position stratégique indéniable. Cet abri rocheux surplombait une vaste zone s’étendant vers le nord en direction du Gebel el-Tih. Mohamed Abdel Badie, chef du secteur des Antiquités égyptiennes, suggère qu’« il aurait servi au fil des siècles de poste d’observation, et de lieu de rassemblement et de repos ».
Photo : ©Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités
Cette grotte se trouvait à 5 km au nord-est du temple de Sérabit el-Khadim (dédié à la déesse Hathor) et à proximité d’anciennes mines de cuivre et de turquoise. D’après John Darnell, professeur d’égyptologie à l’université Yale, il est tout à fait possible que les Anciens Égyptiens y aient laissé leur empreinte lors de leurs expéditions minières dans le Sud-Sinaï. Cette région était très importante durant l’époque pharaonique en raison de ses richesses minérales et de sa symbolique forte. Elle était en effet placée sous l’égide d’Hathor, « maîtresse de la turquoise » et protectrice des mineurs.