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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

30/01/2026 11:17 524
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À Xigou, dans le Henan, plus de 2 600 outils en pierre datés jusqu’à 160 000 ans révèlent une technique rare en Asie de l’Est : l’emmanchement. Reste une question centrale: par qui ?

 

Au bord d’un cours d’eau aujourd’hui relié au réservoir de Danjiangkou, le site de Xigou (Chine centrale) livre une surprise de taille : des outils en pierre façonnés entre environ 160 000 et 72 000 ans, dont certains auraient été fixés à un manche. Autrement dit, des outils composites, faits de deux matériaux, pierre et bois (ou autre support).

Ce n’est pas un détail de technicien. Emmancher un outil, c’est améliorer la prise, gagner en force, multiplier les usages possibles. Les chercheurs décrivent une production structurée, avec des étapes intermédiaires et des choix techniques répétés dans plusieurs couches archéologiques, comme si le geste était déjà bien maîtrisé.

Un indice discret: des bases modifiées pour être tenues ou attachées

Pour défendre l’idée que certains outils étaient fixés sur un manche, l’équipe regarde d’abord leur forme. Sur plusieurs pièces, la base a été retouchée ou préparée (avec un dos aplati ou une partie amincie), comme si on avait voulu créer une zone plus facile à glisser dans un manche ou à attacher avec une ligature.

Ils ajoutent ensuite un autre indice : l’usure visible au microscope. Sur des outils qu’ils interprètent comme des perçoirs, les micro-traces ressemblent à celles laissées par un mouvement de rotation sur des matières végétales, probablement du bois ou des roseaux.

Même si ces objets sont souvent minuscules (beaucoup mesurent moins de 5 cm), ils ne viennent pas d’un geste simple comme quand on veut casser un caillou. À Xigou, les auteurs décrivent au contraire des méthodes de taille bien organisées (comme le débitage discoïde ou la technique dite core-on-flake), utilisées de façon répétée pendant des dizaines de milliers d’années.

Si ce n’est pas Homo sapiens, alors qui ?

C’est là que l’histoire devient délicate: on ne sait pas quel homininé a fabriqué ces outils. Sur cette fenêtre de temps, l’Asie de l’Est aurait pu abriter plusieurs groupes humains, et Xigou n’a pas livré - à ce stade - de restes fossiles permettant de trancher. L’étude évoque donc un faisceau de possibilités, sans verdict définitif.

L’enjeu dépasse le “whodunit” préhistorique. Depuis des décennies, une vieille idée a longtemps pesé sur la lecture des outillages asiatiques: la “ligne de Movius”, qui opposait des régions riches en bifaces de type acheuléen à une Asie supposée plus “conservatrice”. Or, Xigou s’ajoute à une série de découvertes qui compliquent ce récit trop net.

Au fond, le site ne dit pas que tout était identique partout, ni que l’innovation suivait une seule route. Il montre surtout qu’à 160 000 ans, en Chine centrale, certains groupes savaient déjà combiner matériaux, anticiper l’usage d’un outil et adapter leur boîte à outils à des besoins concrets. Comme l’écrivent les auteurs, “l’identification de ces outils emmanchés constitue, à notre connaissance, la plus ancienne preuve de l’existence d’outils composites en Asie orientale”.

https://www.geo.fr/

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