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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

26/01/2026 16:08 360
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 En Jordanie, des archéologues et des biologistes ont identifié et analysé une fosse commune unique en son genre, liée à la peste de Justinien, la première grande pandémie. Les corps et les ADN donnent de précieux indices sur la manière dont le monde byzantin a fait face à cette crise sanitaire.

 

Dans l'Antiquité, une mystérieuse maladie a frappé les populations du Proche-Orient. Des millions de personnes ont succombé à ce qui est aujourd'hui identifié comme "la peste de Justinien", du nom de l'empereur romain d'Orient Justinien Ier qui lui survécut, la première grande pandémie de peste bubonique connue dans le monde méditerranéen. Une équipe de chercheurs de l'Université de Floride du Sud s'est penchée sur cet épisode majeur de la société byzantine, survenu entre 541 et 750 après Jésus-Christ.

Dirigée par Rays H. Y. Jiang, l'étude, publiée dans la revue Journal of Archaeological Science, va plus loin que la simple identification du microbe responsable de cette hécatombe (Yersinia pestis) pour se concentrer "sur les personnes touchées, sur qui elles étaient et sur ce que la mort en temps de pandémie signifiait dans une vraie ville". Les scientifiques ont ainsi choisi d'examiner son impact à court terme et à moyen terme sur la ville de Jerash, en Jordanie, là où se trouve un site archéologique.

Un charnier retrouvé à Jerash

Parmi les vestiges de l'ancienne cité de Jerash, autrefois carrefour commercial et culturel de la région, se trouve une fosse commune où des centaines de corps semblent avoir été déposés à la hâte, "en quelques jours", sur des couches de débris de poterie. Cet endroit a été authentifié sur le plan archéologique comme génétique, comme étant le tout premier site découvert avec une fosse commune réunissant des victimes de la peste. Il fournit les preuves directes d'une "mortalité humaine à grande échelle".

Les auteurs le décrivent comme un "événement funéraire unique", fondamentalement différent des cimetières civils qui se développaient au fil du temps. Ce charnier aide aussi à comprendre les déplacements des populations dans l'Antiquité, car si les sources historiques évoquent une multiplication des échanges et des migrations à cette période, les sépultures démontrent au contraire que les communautés locales étaient plutôt stables. "La plupart des sépultures suggèrent que les gens ont grandi là où ils ont été enterrés", note le rapport.

Amassés en temps de crise

Le charnier de Jerash prouve que les migrations, si elles se sont produites progressivement au fil des générations, ont généralement été diluées au sein des communautés locales, ce qui les rend difficiles à détecter dans les cimetières dits normaux. Cependant, lors d'une crise, les populations mobiles se sont soudainement concentrées, mettant en évidence des schémas de déplacement à long terme, en plus des vulnérabilités et des inégalités déjà existantes sur place.

Les individus enterrés dans cette ville faisaient partie "d'une population mobile intégrée dans la communauté urbaine plus large de la Jordanie antique, normalement dispersée dans le paysage, mais rassemblée dans une seule fosse commune en raison de la crise", concluent les auteurs, qui rappellent que les pandémies ne sont pas seulement des phénomènes biologiques, mais aussi des événements sociaux.


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