Une équipe de chercheurs a exploité de l’ADN présent sur des os de poissons datant de l’époque romaine. De quoi leur permettre de savoir quelles espèces étaient présentes à cette période, sur la zone étudiée.
Voilà une découverte qui nous offre la possibilité d’en apprendre davantage sur les anciens régimes alimentaires. Une équipe pluridisciplinaire de chercheurs, dont des archéologues, a analysé l’ADN des restes de poissons provenant des cuves de fermentation datant de l’époque romaine. Une démarche inédite, puisque ces chercheurs ouvrent ainsi la voie à l’identification des restes d’animaux extrêmement endommagés. Les résultats de leurs recherches ont été publiés en ligne par Cambridge University Press pour Antiquity Publications, le 2 juillet 2025.
Pour ses recherches, l’équipe, dirigée par l’Université espagnole de Vigo et par le Centre interdisciplinaire de recherche marine et environnementale (CIIMAR) de Porto, s’est intéressée à un site romain de salaison situé dans le nord-ouest de l’Espagne, à Adro Vello. Un lieu historiquement dédié à la production de sauces de poisson fermentées, très prisées à l’époque romaine, notamment pour l’assaisonnement et la conservation des aliments. La plus célèbre d’entre elles, le garum, était d’ailleurs préparée à la fois pour la consommation locale, mais aussi destinée au commerce extérieur.
Un ADN encore exploitable
Les restes de poisson retrouvés dans ces cuves sont donc souvent fermentés, très abîmés, voire ont même été intentionnellement écrasés pour la fabrication des sauces. De quoi rendre "l’identification de l’espèce ou même du genre" particulièrement difficile, explique le Dr Paula F. Campos du CIIMAR de Porto. Malgré tout, les chercheurs ont extrait et séquencé l’ADN des restes d’os de poissons provenant des cuves, afin de déterminer si de quelconques informations pouvaient en être tirées.
Après de nombreuses analyses, et en comparant ces vestiges avec les séquences ADN des sardines aujourd’hui présentes sur ce territoire espagnol, les chercheurs ont observé de grandes similitudes. De quoi confirmer la continuité génétique de l’espèce, malgré sa grande mobilité.
Une avancée majeure pour l’archéogénétique
Même si le broyage et la fermentation contribuent à la dégradation de l’ADN, une identification est donc malgré tout possible. L’ADN des poissons pouvant en effet survivre à un environnement corrosif. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives en archéogénétique, grâce aux vestiges alimentaires. Une avancée majeure pour la reconstitution de la chaîne alimentaire des civilisations passées.