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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

27/06/2025 11:19 971
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Enfoui depuis plus de mille ans au large des côtes turques, un navire naufragé dévoile peu à peu ses trésors. Grâce à des amphores, parfois encore intacts, les archéologues replongent dans une ère où l'huile d'olive et le vin soutenaient l'économie du monde antique.

 
 

lus de 2 760 000 tonnes. C'est la quantité d'huile d'olive produite lors de la dernière campagne (2022/23, source: Conseil oléicole international). Mais saviez-vous que ce produit, aujourd'hui très prisé dans le monde entier, l'était déjà il y a un millénaire ? En témoigne la cargaison d'une épave datant du IXe-Xe siècle apr. J.-C., retrouvée au large des côtes de Kas, dans la région d'Antalya (sud de la Turquie).

Dans l'une de ces amphores, les chercheurs du Département de conservation et de restauration des biens culturels à la Faculté des Beaux-Arts de l'université d'Akdeniz (Kemer) ont découvert des noyaux d'olive, révélait l'agence DHA Press il y a un mois. Et une autre, restée scellée durant 1 100 ans au fond de la mer, pourrait réserver bien d'autres surprises, ajoute l'agence de presse gouvernementale Anadolu (Anadolu Ajansı) le 27 avril 2024.

L'olive, un pilier des navigations anciennes

L'épave dans laquelle a été retrouvée l'amphore est bien connue des scientifiques. Elle est même observable par les passionnés de plongée qui explorent les alentours de l'île de Besmi, bien que son accès soit limité en raison de sa grande profondeur. Les fouilles sous-marines à 45 à 50 mètres ont finalement débuté en 2024. À l'aide de robots capables d'opérer en grande profondeur, les archéologues ont été capables d'enfin remonter à la surface des éléments de la cargaison du navire : de grands pithoi (du singulier pithos, de profondes jarres de la Grèce antique), ainsi que des amphores encore entières.

La typologie de ces dernières a permis d'identifier l'origine du navire marchand. D'après le Dr Hakan Öniz, président du département de conservation, il aurait initialement quitté les actuelles côtes de Gaza (Palestine) pour une destination inconnue, avant de sombrer dans les eaux turques en raison d'une tempête.

"Il y a 1 100 ans, cette région [Gaza] était réputée pour sa production d'olives", ajoute-t-il l'expert. Les principaux produits transportés dans les amphores étaient certes le vin, mais aussi les olives, donc : "Placées dans des amphores, [elles] devenaient comestibles après une semaine en eau de mer et pouvaient se conserver pendant plusieurs mois sans se détériorer. C'était donc une denrée indispensable".

À la fin de l'Antiquité, les olives- et leur huile- occupaient une place centrale dans l'économie méditerranéenne. Si elles étaient non seulement essentielles pour l'alimentation, elles l'étaient également pour l'éclairage (lampes à huile), les soins du corps, les rites religieux et certains procédés artisanaux (comme le tannage du cuir). Si l'existence d'amphores remplies d'olives était donc attestée, la découverte de nombreux noyaux dans l'une d'elles constitue pour autant une première de ce type le long des côtes turques.

Mystère au cœur d'une amphore encore intacte

Une autre amphore, trouvée sur la même fascinante épave, a quant à elle été transportée au laboratoire d'archéologie sous-marine de l'université d'Akdeniz. Pour cause, elle était encore scellée après 1 100 ans. Contenait-elle encore de l'huile, des noyaux ? Après l'avoir examinée au microscope et à l'aide de loupes spéciales, les spécialistes en ont soigneusement ouvert le sceau à l'aide de burins, de marteaux et de petits outils. Ils ont veillé à ce qu'elle reste humide en permanence, pour éviter que son contenu ne se dessèche.

Des échantillons ont enfin été prélevés en son sein afin d'en déterminer la nature, qui reste encore incertaine. "L'amphore peut contenir des noyaux d'olive, de l'huile d'olive, du vin ou de la sauce de poisson, mais il peut aussi s'agir de quelque chose d'entièrement différent [...], suppose Dr Hakan Öniz, cette fois interrogé par Anadolu. L'ouverture était passionnante, mais l'attente du résultat l'est encore plus".

https://www.geo.fr/

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