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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

04/04/2024 11:09 243
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Découverte d'une rare tombe bien conservée de la dynastie Ming, scellée pendant 400 ans

Des archéologues ont identifié une tombe remarquable de la dynastie Ming à environ 500 kilomètres au sud-ouest de Pékin (Chine). Prenant la forme d'armure traditionnelle et renfermant des artefacts précieux, elle offre une rare opportunité d'étudier les rituels funéraires anciens.

De juillet à décembre 2023, dans le cadre des travaux d'une autoroute du district de Xinfu (province du Shanxi, plateau du nord de la Chine), les spécialistes des instituts d'archéologie du Shanxi et de la ville de Xinzhou ont mené d'enrichissantes fouilles : ils ont décelé pas moins de deux sites de la culture de Longshan (3000 à 1900 av. J.-C.) et de la période des Royaumes combattants (Ve siècle- 221 av. J.-C.), ainsi que soixante-six tombes associées aux différentes dynasties majeures de l'histoire chinoise, des Han (206 av. J.-C.-220 apr. J.-C.) aux Qing (1644-1912).

L'une d'entre elles a toutefois particulièrement attiré l'attention des archéologues : une tombe en briques datant de la dynastie Ming (1368-1644), située à l'ouest du village de Hexitou. Derrière ses imposantes portes bleu pâle, restées closes durant plusieurs siècles, ils ont découvert une sépulture en excellent état de conservation, à l'intérieur élaboré, révèlent-ils dans un communiqué publié le 7 mars 2024 sur WeChat (Weixin), l'application chinoise de messagerie.

Témoin des rites funéraires de la dynastie Ming

D'après la publication, la tombe était en forme de "jiǎzì" (甲字). Ce terme fait référence aux sépulcres façonnés comme le caractère chinois "jiǎ" (), "armure". Dans les traditions anciennes de l'empire du Milieu, les sépultures modelées ainsi – une base rectangulaire avec un toit en forme de pointe, rappelant la forme de l'armure de guerrier traditionnelle et apportant la protection éternelle- étaient souvent construites pour les membres de la noblesse ou de la royauté.

Les tombes "jiǎzì" étaient souvent richement décorées, et contenaient des artefacts précieux destinés à accompagner le défunt dans l'au-delà, reflétant les croyances religieuses et culturelles de l'époque. Dans ce cas-ci, celles de la période des Ming, dont le règne fut marqué par une forte centralisation du pouvoir impérial, des réalisations culturelles remarquables (Grande MurailleCité interdite), ainsi qu'une expansion commerciale et maritime, pour ne citer que quelques éléments.

Pour en revenir à la sépulture récemment découverte, les experts ont d'abord mis à jour l'impressionnante porte en pierre imitant une structure en bois, avec ses gravures des têtes d'un dragon et d'un hibou et ses motifs de fleurs entrelacées. En poussant les battants en pierre, scellés pendant au moins quatre cents ans, ils sont entrés dans la tombe. Près de l'entrée, ils ont pu lire l'inscription : "Pierre tombale du seigneur Wang Gong, Ru Houan, ère Ming".

De tels objets rarement conservés dans le Shanxi

En descendant un chemin funéraire en pente de 17 mètres de long, ils sont parvenus à une chambre principale de 4,12 mètres de long, 3,83 mètres de large et 2,78 mètres de haut, excellemment bien conservée. Son sol était recouvert de briques carrées et rectangulaires, où nos inédits visiteurs ont retrouvé des grains de céréales, dispersés en ses quatre coins.

Au milieu, se dressaient deux cercueils en bois : un plus petit portant l'inscription "cercueil de la dame Wang Peng de l'ère Ming" et comportant de la vaisselle en porcelaine ; l'autre plus grand, gravé des mots "dynastie Ming", "Ru Houan" et d'autres caractères encore non décryptés – il est toutefois utile de préciser que notre transcription du chinois au français a été réalisée via des traducteurs en ligne, si bien que les termes exacts puissent légèrement différer.

Le bois du premier, bien que pourri en ses côtés latéraux, conservait sur les autres panneaux du cercueil ses fines peintures de fleurs, de plantes et d'oiseaux, tandis que le deuxième plus intact était recouvert d'une peinture brune, avec de petits motifs de losanges dorés.

 

Cercueils en bois retrouvés dans la chambre funéraire principale de la tombe.  山西省考古研究院 / Institut d'archéologie de la province du Shanxi

Ont également été trouvées dans la pièce, notamment dans ses niches nord et sud, plusieurs jarres et bouteilles porcelaines contenant des céréales, des liquides ou des graisses. Mais aussi, ce que les chercheurs qualifient de "coupons d'achat de terre", soulignant le statut des défunts.

La chambre arrière plus petite était quant à elle équipée de plusieurs meubles en bois (autel, table, chaises), dont les photographies les montrent pour la plupart effondrés ou cassés, ainsi que des offrandes (bougeoirs, lampes, brûle-parfum, théière, bols et assiettes en étain, poupées en bois peints) et des outils d'écriture (encriers, pinceaux de calligraphie chinoise, porte-plume).

Le limon n'était pas parvenu à s'infiltrer dans cette tombe à la forme "jiǎzì", les précieux trésors de vieux de plusieurs siècles retrouvés en son sein sont relativement bien préservés. Cela reste "rare dans la région de Xinzhou, voire dans toute la province", note l'Institut d'archéologie du Shanxi, avant d'ajouter que cette découverte permettra de fournir "de précieux matériaux pour l'étude de la structure des tombes de la dynastie Ming, de la vie sociale et des coutumes funéraires locales".

https://www.geo.fr/

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