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Bảo tàng lịch sử Quốc gia

Musée National d'Histoire du Vietnam

13/11/2023 14:45 320
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Photo d'illustration. Porcelaine retrouvée non pas sur l'épave récemment identifiée, mais celle similaire du navire marchand chinois "Nanhai I", exposée au musée de Mongolie-Intérieure de Hohhot. © Getty Images / Costfoto / Future Publishing

Une épave de la dynastie mongole Yuan, découverte au large de l'île chinoise de Shengbeiyu, cachait des objets précieux du XIVe siècle : des céladons de Longquan, modifiés pour coller aux coutumes étrangères à l'empire du Milieu, qui témoignent du commerce florissant le long de la Route de la soie.

Si la fameuse Route de la soie s'est particulièrement développée sous la dynastie chinoise Han (206-220 av. J.-C.), elle connaît un regain d'activité durant la période de la Pax Mongolica aux XIIIe et XIVe siècles. Les Mongols, sous l'impulsion de Gengis Khan puis de ses successeurs, ont alors conquis de vastes régions de l'Eurasie, établissant l'un des plus grands empires de tous les temps.

Les échanges commerciaux entre l'Est et l'Ouest- de Chang'an (actuelle Xi'an, Chine) à Antioche (actuelle Antakya, Turquie), dans le cas de la Route de la soie- sont facilités, les voyageurs pouvant se déplacer sans danger sur les réseaux contrôlés par les Mongols. La soie, dont les Chinois ont été longtemps les seuls à détenir le secret de fabrication, circule. Mais c'est aussi le cas de la porcelaine !

En témoigne la découverte d'une épave encore chargée de céramiques fines, 700 ans après avoir coulé près de l'île de Shengbeiyu, non loin de ce qui est aujourd'hui la ville de Zhangzhou (province du Fujian, est de la Chine). Le navire de la dynastie mongole Yuan (1271-1368), aurait sombré alors qu'il était sur la Route de la soie maritime, sur le chemin pour l'étranger, explique l'agence de presse nationale chinoise Xinhua dans une publication du 31 octobre 2023, qui fait état de cette trouvaille.

De nombreux (et précieux) céladons de Longquan

La carcasse du bateau a récemment été dévoilée dans le cadre d'un projet de sauvetage archéologique, mené conjointement entre septembre 2022 et octobre 2023 par des archéologues nationaux, de la province du Fujian et du bureau municipal de la culture et du tourisme de Zhangzhou. Elle se cachait sous les sédiments, à une profondeur d'environ 30 mètres.

Près de 20 000 objets ont été récupérés dans l'épave, parmi lesquelles plus de 17 100 céladons de Longquan, des porcelaines particulièrement réputées en Chine pour, notamment, "leurs couleurs exquises, en particulier les nuances de vert jade et de bleu clair", est-il indiqué dans l'article de Xinhua.

Certaines de ces précieuses productions étaient gravées des caractères "yòng", "bǎo" et "nián", qui signifient respectivement "utilisation", "trésor" et "année".

Les bols, assiettes, tasses, brûleurs d'encens retrouvés ont tous été produits dans les fours de Longquan (province côtière du Zhejiang, voisine du Fujian), probablement à la fin de la dynastie Yuan- aujourd'hui, cette technique de cuisson "selon des recettes souvent transmises de génération en génération", est inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l'Unesco.

Le navire englouti contenait finalement le plus grand nombre de céladons de Longquan jamais identifiés à ce jour par des spécialistes. Et selon ces derniers, ils constituent des matériaux importants pour comprendre les exportations de ces porcelaines à leur apogée, au XIVe siècle.

La présence d'assiettes géantes dans la cargaison (35 centimètres de diamètre sur 4,3 centimètres de hauteur), rares en Chine, constituerait la preuve que le gouvernement de l'époque encourageait le commerce extérieur : elles auraient été personnalisées, sur la base de coutumes culinaires d'Outre-mer.

Un grand navire commercial, parti du port de Wenzhou

Dans un ancien port de la ville de Wenzhou (province du Zhejiang), des chercheurs avaient déjà fait des découvertes archéologiques d'une grande similitude avec celles réalisées dans le bateau ici analysé.

Ils en déduisent ainsi que ce dernier aurait pu être un navire civil commercial, partant de ce même havre de Wenzhou vers l'Asie du Sud-Est. Il était en outre assez grand, puisqu'il comportait dix cabines, révélées par les images panoramiques tridimensionnelles réalisées sur le site de l'épave.

Toutefois, en s'engageant à l'intersection des bifurcations orientale et méridionale de la Route de la soie en mer, son ancien équipage a dû se confronter aux conditions marines complexes des eaux proches de l'îlot Shengbeiyu, entourées de récifs… et donc, propices aux naufrages.

L'embarcation a sombré avec ses merveilleux trésors, donnant, sept siècles plus tard, "un aperçu du commerce florissant des céladons de Longquan ainsi que de la prospérité de la Route de la soie maritime", conclut à l'agence de presse Liang Guoqing, chef du projet de sauvetage du navire.

https://www.geo.fr/

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